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Confinées-Confinadas

Un projet photographique de / un proyecto fotográfico de Jean-Denis Mignot Auteurs / Autores Juan Calatrava Escobar, Antonio Carvajal Milena, Rui Alberto Costa, Juan Carlos Friebe Olmedo, Sergio Hinojosa Aguayo, Christine Kunz, Veronille Kunz, Sébastien Kunz, Julia Lillo García Wenceslao-Carlos Lozano González, Juan Mata Anaya, Mèche, Jeanne Meslans, Enrique Nogueras Valdivieso, José Pallarés Moreno, Josefa Parra Ramos, Rafael Pérez García, María Ángeles, Pérez Rubio, María Regla Prieto Corbalán, Milena Rodríguez Gutiérrez, José Carlos Rosales Escribano, Andrea Villarrubia Delgado Compositeur / Compositor Frank Nelson Avant-propos Juan Calatrava L’expérience traumatisante du Covid-19, qu’avec des centaines de millions de personnes nous avons vécue au cours de 2020 et de la première moitié de 2021 — et dont nous ignorons encore quand elle prendra fin — a laissé non seulement un terrible héritage de mort, de maladie et de ruine économique, mais également, entre autres effets connexes, un changement probablement irréversible de notre perception de l’espace domestique : nous avons été confinés dans nos propres maisons, qui ont ainsi acquis subitement le statut inattendu de prison, pour confortables qu’elles l’étaient. Et, à partir de ce moment-là, comme tant de prisonniers tout au long de l’histoire, nous avons découvert que notre habitat maintenant fermé renfermait (redondance délibérée) une infinité de possibilités d’utilisation et de vie à peine imaginées jusqu’alors. S’il est vrai que, depuis au moins deux siècles, nos vies se construisaient à partir d’une dialectique laborieusement élaborée entre espace privé et espace public, la soudaine disparition de ce dernier paraissait mettre en question notre propre mode d’existence. Ce n’est pas la première fois que cela se produit et l’histoire nous offre de nombreux exemples comparables sur lesquels réfléchir. Defoe, dans son Journal de l’année de la peste, nous raconte crûment comment, dans le Londres de l’épidémie, les maisons des pestiférés passaient très vite de leur condition de foyer à celle de prison et, aussitôt, à celle de tombeau pre mortem implacablement clos. Il y a peu encore, le simple soupçon d’une maladie contagieuse déterminait le confinement rapide (la redoutable “quarantaine”, un mot qui semblait relégué au passé et qui a acquis une nouvelle actualité, bien que par bonheur il n’implique plus nécessairement quarante jours) dans des espaces de plus en plus spécialisés. C’est ce que put vérifier, par exemple, Jean-Jacques Rousseau en 1743, lors de son séjour forcé dans la léproserie de Gênes où, tel qu’il nous le raconte dans ses Confessions, il sut se créer un habitat le plus ressemblant possible à la normalité domestique. Nous avons eu l’avantage sur le Genevois qu’il ne s’est pas agi pour nous de créer un foyer impliquant un enfermement mais, bien au contraire, d’adapter à une insolite condition de confinement ce qui était déjà notre maison. Lors de celui-ci, nos chambres ont beaucoup ressemblé à des cellules de prison et nous avons dû apprendre à penser cette nouvelle existence. Nous aurions pu évoquer toute une ligne de réflexion surgie directement de la condition de confinement et qui va de Boèce à Blanqui, de Sade à Gramsci ou à ce grand vagabond des étoiles romancé par Jack London. Nous pourrions aussi nous souvenir du film de John Frankenheimer Birdman of Alcatraz (1962), avec un splendide Burt Lancaster faisant de sa cellule un laboratoire d’études ornithologiques. Mais nous avons surtout pensé à Xavier de Maistre, ce personnage polyfacétique (militaire, peintre, écrivain), éclipsé par la renommée de son frère Joseph, et auteur de ce que l’on pourrait considérer la véritable bible du confinement : l’extraordinaire Voyage autour de ma chambre (1794), dans lequel il raconte, comme s’il s’agissait d’un voyage vers des pays exotiques, son arrestation pendant quarante-deux jours dans sa propre chambre. À la différence des espaces qui isolèrent nombre de ces malheureux, nos maisons, même fermées, sont ouvertes au monde. Et je ne pense pas seulement au rôle d’internet, des réseaux sociaux et du monde virtuel, tellement débattu. Je pense surtout à la façon dont nous avons récupéré la valeur profonde de la fenêtre, bien au delà de sa simple fonction d’éclairage et de ventilation. Et comment des millions de petites terrasses jusqu’alors inutiles, sont devenues des espaces de contact social. Elles ont procuré une nouvelle vie à des façades qui n’étaient pour nous plus que des murs aveugles. Au cours des dernières décennies du XIXe siècle et des premières du XXe, de nombreux artistes, de Gustave Caillebotte à Edvard Munch, ont représenté le sujet de “l’homme au balcon”. Ils étaient fascinés par l’apparition massive de cet élément architectural auparavant réservé au luxe des puissants et qui maintenant se multipliait comme espace hybride — ni dedans ni dehors — en raison de la conversion de la métropole en spectacle. Dans la ville-covid le balcon et la terrasse ont accueilli un autre genre de spectacle : celui de la résilience et non plus celui du regard satisfait de l’intérieur vers l’extérieur, vers la richesse de l’espace public depuis la sécurité de la forteresse privée. Cette même capacité de résistance est celle qui nous a permis de réinventer les usages des espaces intérieurs de la maison. En questionnant le dogme selon lequel chaque espace domestique a un usage unique, le confinement a permis de rompre les compartiments étanches, de repenser le rapport entre l’enveloppe architecturale et le mobilier ; en somme, de redéfinir la maison. Les expériences et les projets recueillis dans ce projet portent sur tout cela. Il vient s’ajouter à bien d’autres afin de proposer une réflexion collective permettant d’espérer, qu’une fois la pandémie révolue, nos foyers aient appris de tout ce qui s’est passé.
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En amont du Doubs

Collection Itinéraire(s)

Au nord-est de la Boucle, le secteur République-Mouillère conserve un visage relativement rural jusqu’au XIXe siècle. Sur la rive droite, quelques rares établissements – comme des fermes, des moulins, une fonderie d’armes – investissent le quartier des Chaprais. Point focal du quartier, le parc Micaud voit le jour en 1843 sur les plans de l’architecte Alphonse Delacroix. La pression immobilière, alliée à l’assouplissement dans le courant des années 1850-1890 de l’interdiction de construire à moins de 400 mètres des fortifications, modifie progressivement le visage du vallon de la Mouillère qui prend des accents de quartier résidentiel et industriel. Les maisons cossues Art nouveau côtoient alors les établissements horlogers, la gare de la Mouillère (1884) et le quartier thermal, implanté par la mairie dans les années 1890. Plus loin, aux Prés-de-Vaux, la silhouette de l’usine Rhodiacéta marque le paysage à partir des années 1950. À l’intérieur du méandre, les parcelles situées entre la rue des Granges et la rivière sont occupées par de vastes jardins et vergers. C’est entre 1838 et 1842 que l’apparence du quartier évolue avec le percement de la rue de la République et la construction, dans son prolongement, du pont du même nom. Plusieurs activités industrielles (imprimerie, horlogerie) s’implantent alors rapidement sur les terrains restés vierges. Dès 1942, une passerelle à tablier métallique est élevée à l’emplacement de l’actuel pont Robert Schwint (1989). À partir des années 1950, le secteur de la rive gauche du Doubs est progressivement remodelé. Les bâtiments bordant la rive sont peu à peu démolis, puis reconstruits – à l’exception de la caserne Lyautey, menacée par plusieurs projets successifs, qui accueille aujourd’hui la médiathèque Pierre Bayle. Guide réalisé par la Maison de l’Architecture de Franche-Comté avec Besançon Ville d’Art et d’Histoire, en partenariat avec Renaissance du Vieux Besançon et avec le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles Bourgogne Franche-Comté, du Conseil de l’Ordre des architectes Bourgogne Franche-Comté et de Formagraph Design. Rédaction : Besançon Ville d’Art et d’Histoire Illustrations : Marc Wattel Graphisme : Pascaline Minella Impression : L’imprimeur Simon, 2022
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Au fil du tram

Collection Itinéraire(s)

Se déplacer dans Besançon en tram, c’est traverser les singularités d’un patrimoine architectural, urbain et paysager qui ne se dévoile pas toujours au premier regard... Depuis les Hauts du Chazal vers Viotte ou Chalezeule, le trajet nous invite ainsi à plonger dans la mémoire de mutations urbaines qui s’opèrent sur des temps longs. Le parcours nous rappelle aussi qu’une ville est le reflet de grandes questions sociétales et politiques. Ici, il ne s’agit pas de viser l’exhaustivité des architectures, tissus urbains et paysages, mais d’en offrir une perception différente, au-delà de la seule esthétique. Comprendre pourquoi et comment certains bâtiments et quartiers se sont construits, c’est aussi pouvoir en apprécier la valeur cachée…
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Traversées

La reconstruction du pont Battant et les changements d'habitudes urbaines

Avec Palissades, la Maison de l'Architecture de Franche-Comté lance une nouvelle collection photographique consacrée à l'Architecture en chantier(s). On y parlera d'Architecture en train de se faire, mais aussi d'aventure humaine, on y verra un peu de technique, d’esthétique au sens large, au travers du prisme de la photographie. Par sa précision, Christophe exprime dans Traversées, premier opus, son goût du détail, de la description, de l'objet technique en train de se réaliser, mais toujours en laissant transparaître l'humain, et les histoires qui ont irrigué son travail au long cours.